samedi 11 mai 2013

Twisteuse 2

Impossible de m'arracher à l'attraction « Zouzou » ! Il y a dans ce visage impassible quelque chose d'une fatalité. Je veux dire que cette beauté moderne consent à toutes les aventures avec une tranquillité désarmante. Ni l'or du monde, ni son ordure ne sauraient l'asservir tout à fait. Par conséquent, la fatalité que l'on pressent ne lui sera pas mortelle : elle porte en elle une calme tragédie, dont elle sortira vaillante et apaisée. Elle sait que tout peut lui arriver, même le meilleur.
Sa beauté pour magazine ne la contraint pas, mais la sert. Surdouée (elle a obtenu son baccalauréat à treize ans !), elle ne confie pas à sa seule intelligence le soin de calculer son intérêt, mais elle sait pouvoir compter sur elle. Son regard froid est une arme brûlante (voir aussi Une twisteuse dans l'hacienda, ainsi que La fraîcheur d'une fille qui tourne sur elle-même).



J'associe l'image de Zouzou à celle d'Olivier Despax. Pourtant, les traits de Despax signalent une nature différente, sans doute moins préparée aux épreuves. Il est d'une beauté française « ancienne », le produit tendre d'une civilisation toute d'élégance et de séduction aimable. Il n'a pas la froideur des êtres solides et résolus, malgré leur apparence frêle. Olivier Despax est mort prématurément, d'un cancer foudroyant. Il incarne le monde disparu des beaux gosses délicats, bousculé, renversé par celui des brutes à tête de bagnard.
Sur Olivier Despax, on lira Un brun Olivier, sur la troublante beauté des êtres, des visages, des corps même, on lira Les garçons, et l'on sera certainement étonné par les images de Visconti examinant sous toutes les coutures, habillé et presque nu, celui qui devait tenir le rôle de Tadzio, dans Mort à Venise.

2 commentaires:

Despax a dit…

Bonjour
Olivier Despax est certes mort d un cancer -leucémie - mais pas foudroyant puisque il tomba malade dès l été 69.
Bien à vous
Renaud Despax

Patrick Mandon a dit…

En effet, et je vous remercie d'avoir apporté cette modification. Il reste que sa mort, prématurée, nous a privé d'un charmant garçon et d'un excellent musicien. Il demeure dans ma mémoire, étrangement.
Vous êtes apparemment de sa famille, son frère peut-être : votre intervention, ici, accentue cet effet d'étrangeté. Si longtemps après sa disparition, alors que je lui ai consacré deux ou trois articles, vous apparaissez, vous témoignez : « Le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants » (Jean Cocteau).
Je vous renouvelle mes remerciements.